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Alimentation en énergie de Tahiti et de la Polynésie française
En l'absence de toute ressource en combustibles fossiles, la Polynésie française a longtemps présenté un bilan énergétique classique de territoire totalement dépendant de l'extérieur pour son approvisionnement, avec les avatars que cela comporte en matière de disponibilité et de prix. En outre, la concentration du développement économique sur l'île de Tahiti est allée de pair avec un fort déséquilibre énergétique entre ce pôle de consommation, également point d'approvisionnement, et le reste du Territoire, constitué de petits centres de consommation très éparpillés. Ces deux contraintes, structurelle et géographique ont amené au cours des années quatre-vingt à la définition de modèles propres d'approvisionnement adaptés aux conditions spécifiques des ensembles concernés avec un recours accru aux énergies renouvelables.
Le bilan du Territoire en énergie primaire est donc encore fortement marqué par la prépondérance des hydrocarbures importés, mais révèle une certaine diversification depuis l'introduction de l'hydroélectricité, sur l'île de Tahiti d'abord, en 1981 et de l'énergie solaire, de façon conséquente à partir de 1980-1982. Afin de lutter contre les handicaps de l'hyperinsularité, le système de prix unique mis en place depuis 1976 permet de ne pas léser les habitants des archipels en répartissant le surcoût occasionné par le transport interinsulaire des hydrocarbures sur l'ensemble des consommateurs grâce à une caisse de péréquation gérée par l'administration et alimentée par une taxe prélevée à l'arrivée des produits.
En ce qui concerne l'électrification, les années quatre-vingt ont vu une évolution importante du mode d'éclairage, marquée par le recul des lampes à pétrole et à gaz, dans un premier temps au profit des groupes électrogènes collectifs et privés et dans un deuxième temps au profit de l'électrification de réseau. Les disparités régionales se sont nettement atténuées. Si quatre résidences sur cinq étaient déjà raccordées au réseau général dans les Îles du Vent en 1977, il y en avait à peine une sur quatre dans le reste de la Polynésie française. Les données de 1988 montrent l'effort accompli en ce domaine dans la plupart des îles. Tahiti a bénéficié des premiers équipements modernes en la matière. Ceux-ci lui permettent d'avoir à l'heure actuelle une production diversifiée et bientôt une distribution fiable dans toute l'île. Exclusivement sur base thermique à l'origine, la production électrique repose à présent à 23% sur l'hydroélectricité, l'objectif étant d'atteindre 40-45% en 1995. Si la production d'électricité hydraulique a été envisagée depuis les années vingt, ce n'est qu'en 1981 qu'elle est devenue une réalité avec la première centrale de la Vaite.
Dans les autres îles, on est à la recherche de solutions adaptées. Les îles de l'archipel de la Société tendent à se rapprocher du modèle de développement de Tahiti: production thermique classique et réseau public couvrant la quasi totalité de l'île. Il en est de même des Australes, bien qu'elles nécessitent encore d'importants efforts d'équipement. La taille de certaines îles des Marquises a permis la mise en œuvre d'un programme important d'hydroélectricité. Le cloisonnement des vallées pose cependant le problème de la multiplication des sites.
C'est surtout aux Tuamotu que le programme d'électrification solaire des archipels a été appliqué. Les îles totalement équipées de solaire sont situées essentiellement dans les Tuamotu orientales. Mais la maintenance de cet appareillage en 24 volts s'avère à l'usage difficile. Le photovoltaïque villageois est un semi-échec. En revanche, les chauffe-eau solaires individuels ou collectifs sont une filière éprouvée. Ils sont surtout bien implantés sur Tahiti. Près d'un ménage sur cinq dans l'agglomération de Papeete en possédait contre un ménage sur vingt dans les Îles Sous-le-Vent.

